mercredi 21 octobre 2026

The Hitchcock Killer


"Depuis 3 ans maintenant, un climat de terreur et de suspicion règne à (nom de la ville), dans le comté de (nom). La police locale dépassée par le phénomène peine à trouver le coupable et pour l'heure personne n'a été arrêté ni même interrogé.
L'enquête piétine, elle est carrément au point mort et les cadavres eux continuent de s'accumuler. Enfin, métaphoriquement, puisqu'aucun corps n'a été retrouvé, mais les familles et les proches des victimes ne peuvent que constater les disparitions inquiétantes de leurs êtres aimés.
C'est toujours le même profil, une jeune femme, blonde, entre 18 ans et 21 ans, qui disparait alors qu'elle était partie courir, faire une emplette ou voir une amie.
Tout à commencé le (date), dans cette petite ville en apparence tranquille où tout le monde se connait et personne jusqu'alors ne fermait ses volets, son portail et sa porte d'entrée.
Avec l'approche des festivités de la nuit d'Halloween, ça promet une ambiance particulière pour la tournée des enfants déguisés!
Les pistes sont maigres, mais avec le peu d'éléments dont on dispose, on sait que les enlèvements se sont passés en extérieur, probablement sur une route. Peut-être que c'est à considérer comme une indication sur le métier qu'exerce le tueur.
À ce titre, on peut supposer que c'est un livreur ou un chauffeur routier. D'ailleurs, souvent parmi les métiers les plus exercés par les tueurs en série on retrouve les bouchers, taxis et parfois aussi des policiers. Remarquez, ceci pourrait bien expliquer pourquoi l'enquête est au point mort.
Tout ça nous laisse avec plus de questions que de réponses, mais si tu veux suivre cette affaire avec moi, et peut-être en résoudre ses mystères, c'est dans les commentaires que ça se passe!

Si tu aimes le true crime et les cold case, et que cette vidéo t'a plu, alors lâche-moi un like, tu en trouveras d'autre sur ma chaine à regarder, n'hésite pas à t'abonner!
La suite de l'enquête arrive bientôt!
"



Et voilà c'était en ligne! Derek, le jeune web-journaliste galvanisé par le sentiment du devoir accompli vapota avec sa pipe électronique à la manière d'un Sherlock Holmes de la génération Z. Vous voyez le portrait ? Une fine moustache surmontée d'une paire de petites lunettes ronde avec une calvitie naissante qu'il essayait de camoufler comme il le pouvait avec la frange de sa coupe au bol. Il contemplait fièrement son imposant tableau sur lequel figuraient coupures de journaux et photos des disparues reliées par des ficelles rouges accrochées par des punaises. Il venait d'en rajouter une de plus ou une de trop, selon son point de vue.
Soudain la sonnerie d'une notification vint l'interrompre de sa rêverie. C'est sa mère qui avait regardé et "liké" sa vidéo.
IL rafraichit la page, la ferma, la rouvrit, c'était toujours le seul like, mais les vues s'étaient maintenant multipliées par 2 et il réalisa que c'était seulement son action qui avait été comptabilisée.
À sa grande surprise, il reçut une autre notification dans l'instant qui suivit. Il crut à un bug, mais non, c'était bien un pouce en l'air de plus. La curiosité le poussa à cliquer sur l'icône pour découvrir de qui il s’agissait.
C'était Doug, le gérant du vidéo club ou du club vidéo - on ne savait pas trop - d'ailleurs, on pouvait y louer des films chez lui, c'était un des derniers lieux en son genre. On se demandait même, comment il était possible qu'il soit encore ouvert à l'heure des plateformes de streaming et de VOD.
Sans attendre, le cinéphile en passionné de films d'horreur, envoya un message privé au journaliste :
"Très intéressante ta dernière vidéo, effectivement, on en parle pas assez je trouve! Et le silence des forces de l'ordre autour de cette affaire est particulièrement étrange...mais peut aussi s'expliquer par le secret de l'enquête en cours. J'ai des contacts dans la police, parfois il me laisse jeter un œil aux archives, je peux essayer de me renseigner."
Le jeune web-journaliste se disait en sont for intérieur que s'il y avait une seule personne ici qui pourrait l'éclairer sur les méthodes d'un tueur en série, c'était peut être lui et que de toute manière ce n'était pas les flics qui bougeraient le petit doigt, pour cela il faudrait déjà qu'ils prissent l'affaire au sérieux. Cela ne lui coutait rien d'essayer par un chemin détourné.
"Justement, j'aimerais beaucoup en discuter avec toi à l'occasion." Tapa instantanément, le jeune homme de ses doigts tremblotant d'excitation.
Ses yeux eurent à peine le temps de cligner que le retour de son interlocuteur s'affichait déjà sur l'écran.
"Avec plaisir, passe au magasin quand tu veux pour en parler."



Le gérant du vidéo club n'avait pas eu à attendre longtemps avant de voir débarquer le web-journaliste dans son magasin.
Tout dans ces lieux semblait comme figé dans le temps, la déco, la musique et même l'odeur.
En 2026, cela vous donnait l'impression de rentrer dans une de ses grottes troglodyte avec des peintures rupestres sur les murs. Alors qu'en réalité, pour être tout à fait exact sur la période, c'est plutôt une capsule temporelle du début des années 2000, mais l'effet serait le même. Après tout, il ne faut pas oublier que le différentiel technologique et culturel entre les 80 et 2000 est le même que de 2000 à 2020! Et pour Derek qui est un enfant de la génération Z, ce vidéoclub s'apparente plus à un musée voir un antiquaire qu'un magasin ordinaire.
Face à lui se tenait un colosse de pratiquement deux mètres, au visage poupin et un espacement entre les deux dents de devant avec lequel il pouvait sans difficulté siffler. Paradoxalement, à cette silhouette de gros bébé que l'on ne souhaiterait pour rien au monde voir énervée, Doug était un vieux garçon qui vivait encore chez sa mère. Et quand ce dernier posait sur vous son regard vitreux comme il venait de le faire quand Derek entra dans sa boutique, cela vous faisait la drôle de sensation, d'être comme un lapin pris dans les phares d'un camion. La seconde d'après, quand il reconnut le journaliste, son expression faciale changea du tout au tout et passa d'une mine patibulaire à une mimique remplie de bonhomie. Sous l'éclairage inquiétant des néons tremblotant, son sourire en coin édenté lui fit un drôle d'effet, mais certainement pas celui recherché (escompté).
Le géant se leva pour saluer le jeune homme qui venait d'entrée et manqua de se cogner au plafond, tant il était grand.

"Bon-jour c'est Derek du blog (nom), on a échangé  par messages sur internet"
"Oui, je t'avais reconnu, tu vas bien ? Vas-y installe toi qu'on discute un peu, tu veux un thé ou un café?"
"Heu oui...merci je veux bien."
Un peu plus alaise au bout de quelques secondes, le journaliste sorti un dossier de sa pochette en cuir pour passer en revue les éléments d'enquêtes qui était en sa possession.
Derek disposa sur la table des portraits photo des jeunes femmes disparues et la réaction de son interlocuteur le répugna autant qu'elle intrigua notre journaliste.
Le gérant du vidéo club fut pris d'un tic nerveux qui consistait à aspirer sa salive à chaque fois qu'il inspirait lourdement pour éviter de laisser la baver couler de sa bouche.
Il remarqua également que ce dernier compressait le tissu de son pantalon au niveau de l'entrejambe.
"On devrait le baptiser ce tueur, le "Hitchcock Killer", qu'en pensez-vous ?
"C'est ma foi un nom intéressant...mais pour quelle raison ? Quel est le rapport avec Alfred Hitchcock ?
"Parce parce que comme lui, il ne tue que des blondes! Hitchcock détestait les blondes, ou du moins adorait les voir souffrir dans ses films.
" Dit il en se baladant dans les rayons.
"Comment vous le savez ?"
"Tenez d'abord, Janet Leigh dans Psychose en 1960, mais aussi Kim Novak dans Sueurs Froides et puis Tippi Hedren ou encore Grace Kelly..." répondit le gérant du vidéo club en désignant du doigt des boitiers de DVD au jeune journaliste.
"Non, je veux dire, sur les 7 photos qui sont sur cette table, deux d'entre elles sont brunes..."
"Ha pardon, on ne s'est pas compris...He bien comme vous l'avez dit sur votre vidéo, ça a du me rester, voilà tout!" visiblement gêné le géant se gratta la tempe avant de poursuivre "Vous devriez regardez des films pour vous documenter".
"Justement, je voulais vous demander ce que vous me conseillerez."
Le gérant du vidéo club piocha des films ici et là dans les étals, et lui présenta sa sélection.
"Je peux vous en faire deux et vous en aurez un autre de gratuit comme ça, je fais une offre en ce moment. Pour le troisième, je ne dois pas l'avoir en magasin, il doit être dans la réserve. Attendez-moi ici, je descends le chercher."
Doug laissa entrouverte la porte qui menait à la remise au sous-sol.
Soudain un cri strident suivi d'un grand fracas métallique troubla le silence de l'attente et fit hérisser tous les poils de la moustache de notre journaliste.
Des flashs stroboscopiques de scènes gore et fantasmagoriques saturèrent l'esprit de Derek.
Après quelques longues minutes, il entendit la démarche lourde du géant remonter l'escalier.
Les supplications d'une voix féminine provenant du sous-sol se firent à nouveau entendre avant qu'il ne referme la porte derrière lui.
"Et voilà, c'est une VHS, mais ça mérite le coup d’œil!"
C'est avec un certain embarras que le gérant du vidéoclub expliqua ce qui venait de se passer, il essaya de se justifier en disant que c'était le son beaucoup trop fort d'un film qu'il était en train de regarder dans sa salle de projection avant que le journaliste ne vienne. Évidemment, cela ne convainquit pas ce dernier, mais dans une situation pareille, ne valait-il mieux pas faire comme si de rien n’était plutôt que de devoir affronter un colosse pareil au risque de finir comme celle qui se trouve dans la cave ?
Pour faire abstraction (diversion) de la situation, le tueur essaie de relancer la conversation sur un autre sujet.
"Au fait, je repenser à ta vidéo, et notamment le passage de ta réflexion sur les métiers de tueurs en série...ça m'a fait imaginer la réinsertion ou la reconversion professionnelle des grands monstres de l'horreur. Genre Pinhead de la saga Hellraiser en gérant d'un dojo sadomasochiste."
"Marrant ça, je vois bien Freddy Kruger des griffes de la nuit en psychanalyste spécialisé dans les rêves."
"Et Jason Vorhees en entraineur de gardien dans une équipe paralympique de Hockey."
"Ou Candyman en vendeur ambulant de bonbons au miel."
"Il y a aussi Ghostface de Scream en téléconseiller!"
"Et alors Leatherface de massacre à la tronçonneuse, en couturier ou en boucher ?"
"Bonne question! Il pourrait tout aussi bien être bucheron."



Derek quitta les lieux en un seul morceau, et pas dans un sac, un cercueil ou un tonneau, non sur ses jambes et indemne. Bien qu'il se réjouit d'être vivant, cette dernière conversation lui resta longuement en tête. Le journaliste en vint à la conclusion que le métier idéal pour un tueur en série pouvait tout aussi bien être celui de gérant d'un vidéo club.
Il essaya de rester rationnel et de ne pas céder à une paranoïa de circonstances nourrie par ses visionnages quotidiens d'émission documentaire et reportage true crime.
Les questions se bousculaient dans la tête de notre journaliste. "S’il avait voulu me droguer, il aurait pu, et il aurait fait de moi une de ses victimes, à moins que je ne sois pas à son gout. À ce propos, le tueur a-t-il une motivation sexuelle?
Comment savait-il aussi que les victimes étaient toutes blondes ? Et les films que je lui ai loués, ont-ils un sens caché pour le tueur ou était-ce juste une opportunité de vente? D'ailleurs, je me rends compte maintenant qu'il ne m'a pas fait payer. Était-ce un oubli de sa part ou complètement délibéré ?
Derek ne cessait de retourner (la scène) les événements autour de la discussion dans tous les sens, il cherchait un sens au moindre détail, cela tournait à l'obsession et remettait en doute bien des choses.


Il était partagé par l'idée d'aller en parler à la police, mais avec le peu d'éléments tangibles, de preuves matérielles, il connaissait déjà ce que seraient leurs réponses, alors il lui fallait  approfondir ses investigations.

Ce n'était pas ce qu'il préférait dans son "métier" de journaliste, mais il fallait parfois en passer par là. La filature était un domaine dans lequel il n'excellait pas particulièrement, en raison de sa grande nervosité. À dire vrai, il avait peur de son ombre. Littéralement.
Dés qu'il était en position d'observation de sa cible, sa jambe se mettait à trembler de façon incontrôlable et si par malheur il se retrouvait face à elle, il serait capable de bégayer et fondre en larmes, rongées par le stress. Le courage n'était pas une de ses qualités premières, il fallait bien l'avouer aussi.
C'était plutôt facile, de suivre ce tueur, déjà parce que Derek savait déjà où il habitait et travaillait : au même endroit, le vidéo club.
Mais avant toute chose, il devait se grimer pour ne pas se faire repérer. Sa rencontre avec le tueur était récente et ce dernier pourrait facilement le reconnaitre, d'autant plus avec le style si particulier du journaliste.
Derek en avait conscience, mais ne pouvait se résoudre à raser sa moustache, à la limite il voulait bien enlever ses petites lunettes rondes. De toutes manières, il lui fallait trouver un déguisement, il avait pensé à s'affubler d'un de ces costumes que portent les mascottes d'équipes sportives ou en homme-sandwich, mais il fallait avouer que bien qu'il ne risquait pas d'être reconnu, il ne passerait pas inaperçu. Non il lui fallait un truc discret, comme un livreur Amazon par exemple, et encore que même là il ne pourrait se rendre dans n'importe quel endroit sans que cela ne paraisse suspect. Le jeune journaliste comme bien des Américains avait une malle contenant des vêtements et des accessoires ayant servi pour ses costumes d'Halloween des précédentes années, il alla donc fouiller dedans. Voyez-vous ça, il avez une panoplie pour incarner un motard, un ouvrier, un policier, un cowboy, un militaire ou un Indien, bref, il pouvait être le village people de son choix. Il trouva également un vieux drap noir qu'il avait utilisé pour faire la faucheuse et cela lui donna l'idée, avec un peu de couture et un vieux napperon appartenant à sa tante, de se fabriquer une burqa.



Ainsi drapé dans sa tenue, il suivit le tueur, d'abord en voiture, en restant scrupuleusement à distance de 3 véhicules derrière et en respectant le code de la route, puis à pied quand celui-ci s'arrêta à un supermarché pour faire des courses.
Le tueur avait un vieux pickup rouge avec une plaque d'immatriculation décrochée et le rétroviseur coté passager cassé, cela avait semble-t-il profité à notre journaliste pour se cacher dans son angle mort.
Depuis le parking, il le suivit à l'intérieur du magasin avec son caddie de course, cela lui donnait l'impression d'être autant exposée que s'il avait fait une filature en voiture décapotable. La roue arrière grinçait fortement et rendait sa discrétion quasi impossible, alors il abandonna son caddie et continua à pied. L'avantage de cette situation étant qu'il n'avait pas à se poser de question pour savoir ce qu'il mettrait dans son chariot. Pas besoin d'acheter des tampons hygiéniques ou du vernis à ongles pour justifier sa couverture, enfin sa burqa, vous m'avez compris. Maintenant, il espérait juste ne pas avoir une chaussure qui couine alors il se tenait à toujours à 3 rayons d'écart.
C'était la veille d'Halloween et le magasin était rempli de mères de famille qui finalisaient leurs emplettes pour l'événement, certains caddies étaient littéralement remplis de sachets de bonbons, de barres chocolatées et d'accessoires de déguisement.
Le journaliste remarqua que le tueur avait une liste de course à la main, mais de là où il se tenait impossible de lire ce qu'il y avait écrit, il devait se rapprocher pour au moins apercevoir ce que l'homme mettait dans son caddie.
Au moment même où il se décidait à avancer vers lui, le tueur prit la direction du rayon charcuterie. S'il avait voulu le semer, il ne s'y serait pas mieux pris, c'est bien là le seul endroit du magasin où notre journaliste affublé d'une burqa ne pourrait pas passer, avec tout ces étals remplis de jambon. Il passa la tête pour regarder discrètement dans le rayon, mais il ne vit pas le tueur, celui-ci avait comme disparu, il venait de perdre sa trace. Paniqué, le journaliste eut un mouvement de recul pour faire demi-tour et tomba nez à nez avec le tueur et lui rentra (se cogna) dedans malencontreusement. Dans la collision la liste de course avait échappé aux mains de Doug et avait flotté jusqu'à un étal de légume. Ce dernier était tellement préoccupé par la sonnerie de sa montre qu'il ne s'en rendit même pas compte, il ne prêta pas non plus attention à cette étrange femme en voile intégral qui dans la surprise s'était excusée avec une forte intonation masculine. Derek s'était repris in extremis en imitant une voix féminine.
Le journaliste se demanda si le tueur s'était rendu compte qu'il le suivait, et s’il l'avait détecté malgré son déguisement improbable. Mais également pourquoi était-il si soudainement pressé en regardant sa montre ?
Derek commença à imaginer que le tortionnaire avait peut être détecté une tentative d'évasion avec une alerte sur sa montre ou qu'il avait peut être oublié de nourrir sa captive.
Cela expliquerait pourquoi il s'était pressé jusqu'aux caisses sans même s'excuser de l'avoir bousculé. Sous le choc de la surprise, le jeune homme à la burqa ramassa la liste de course qui était tombée sur l'étal de légumes et que le tueur n'avait même par remarqué dans la précipitation. Il lui fallait laisser de l'avance au tueur pour éviter de se retrouver trop près de lui dans la file d'attente et d'éveiller ses soupçons.
Si à première vue on pouvait penser qu'il s'agissait d'une banale liste de course avec du beurre, fromage, pain à burger, tomates, pommes de terre, salade, etc..
Certains détails n'échappèrent pas à l'esprit méticuleux du journaliste, qui y vit une preuve, dans cette note manuscrite listant l'attirail du parfait petit "tueur en série en herbe", à savoir des sacs-poubelle, un bidon de javel, un couteau de boucher et du scotch adhésif. À cette panoplie, ne manquaient qu'un masque de déguisement, une paire de gants et une pelle.
"Mais ça se trouve, les avait-il déjà!" conclu le journaliste dans le réquisitoire de son tribunal mental (imaginaire), dont lui seul composait à la fois juré, juge et procureur. Ici, dans le théâtre de son esprit, il n'y avait de place ni pour le doute ni pour l'avocat du diable. Et c'est animé par cette détermination justicière qu'il se rendit directement au poste de police de la ville.



Derek avait-il à peine mis un pied dans le commissariat que la jeune femme chargée de l'accueil assise derrière le comptoir avertissait déjà de sa présence au chef de la police, d'une voix (à la tonalité) complètement blasée.
Visiblement, les relations entre les médias et la police n'étaient pas au beau fixe et elle ne risquait pas de s'améliorer avec la conversation qui allait s'en suivre.
(L'officier nom du chef de la police) arriva à sa rencontre et se planta devant lui, les bras croisés, les rides du front plissé et les sourcils froncés. L'imposante moustache qui pendait aux deux extrémités de la bouche du policier accentuait cette expression sévère. Tout dans son langage corporel dégageait une certaine hostilité à l'égard du visiteur. Et même jusque dans sa tenue vestimentaire, cela inspiré l'autorité. De son Stetson à ses santiags en passant par sa proéminente boucle de ceinture en laiton qui rappelait que son pistolet était (toujours) prêt à l'emploi en toute circonstance, comme une sorte d'avertissement intrinsèque.
"C'est pour quoi cette fois? Le vendeur de glace à des fœtus mort dans son camion frigorifique?" lança sur un ton on ne peut plus sarcastique le chef de la police.
"Très drôle monsieur l'agent, je suis venu vous partagez une piste que j'ai trouvé qui mériterait tout votre intérêt"
"C'est Officier pour vous jeune homme."
Coupa autoritairement l'homme de loi avant de poursuivre "Allez-y, je n'ai que peu de temps à vous accorder, donc venez-en au fait."
"Voilà c'est concernant la disparition des jeunes femmes (cité les prénoms), j'ai recueilli quelques éléments troublants qui m'amène à soupçonner Doug MacLeary..."

"Vous rigolez j'espère, il ne ferait pas de mal à une mouche, à la limite il l'a mangerait sans le faire exprès si elle venait à se poser sur son burger..."les rires de ses collègues reprirent de plus belle.
Derek bouillonner et ne savait comment convaincre son interlocuteur du sérieux de ses théories.
"Mais...j'ai aussi des éléments matériels à vous montrer."
"Certes ce cher Douggie est un peu...comment dire...bizarre, étrange par moment, mais c'est un gentil garçon qui n'a pas beaucoup été aidé par la vie. Tout le monde vous le direz ici, il n'a jamais un mot plus haut qu'un autre alors de là à imaginer que...Non, un peu de sérieux voulez-vous."
"Je pense que vous vous trompez sur son compte, il est bien plus intelligent qu'il ne veut vous le faire croire!
"
Pour Derek, ce discours résonnait comme le genre de commentaire que la presse pouvait trop régulièrement recueillir auprès du voisinage au sujet d'auteurs de faits divers sordides.
De même que l'allusion à la condition médicale (handicap psychologique) de Doug ne faisait qu'accentuaient ses suspicions. Car dans les films d'horreur, Derek le savait, que ce soit pour Massacre à la tronçonneuse où le petit dernier de la famille Hewitt, Junior était atteint d'une maladie orpheline; pareil avec Jason Vorhees l'illustre tueur à la machette et au masque de Hockey de la saga Vendredi 13 qui était trisomique ; mais également le jeune Michael Myers d'Halloween avec son autiste : tous avaient pour point commun, la déficience intellectuelle/mentale.
"Écoutez, c'est très louable à vous de vouloir essayer de nous aider à coincer le coupable, mais faites attention à ne pas empiéter sur notre enquête."
"Ok, mais vous en pensez quoi de tout ça ? Admettez que la disparition de ces jeunes femmes est plutôt préoccupante, voir carrément inquietante non?"
"Oh vous savez des jeunes miss de beauté la campagne qui partent tenter leurs chances à la grande ville, ça arrive tous les jours."
"Sauf que dans ce cas, elles ne manqueraient pas de le faire savoir sur instagram."
"Pas si ça ne se passe pas comme elle le souhaite."
"Dans ce cas pourquoi ne rentrent-elles pas à la maison ?"
"La honte aussi peut-être...qu'en savez-vous?"
"J'ai aussi trouvé ça qui tombait de sa poche!"
le jeune homme tendit le bout de papier qui faisait office de liste de course à l'agent de police.
"C'est donc ça vos preuves matérielles? Non, mais c'est une blague ?! Ce que vous voyez c'est mon écriture, j'ai fait cette liste à Doug pour le..."
Un de ses adjoints vint interrompre le chef de la police pour lui dire qu'ils étaient attendus et qu'ils risquaient d'être en retard.
"Laissez tomber tout ça, nous allons faire quelques vérifications d'usage, une visite à son domicile et peut-être même aussi une enquête de voisinage.
Mais je vous le redis, laissez nous faire notre travail. Maintenant, si vous allez trop loin, je n'hésiterai pas à vous faire coffrer pour entrave à une enquête de police, compris? Fin de la discussion."
Conclut le chef de la police en relevant du doigt la visière du Stetson enfoncé sur sa tête.



S’il avait su que l'entretien avec la police prendrait cette tournure, Derek se saurait abstenu et en même temps il n'en était pas vraiment étonné. Ce n'était pas vraiment une surprise pour lui.
Derek ne pouvait se contenter d'écouter ce dialogue de sourds d'une justice aveugle, il devait agir par lui même, au péril de sa propre vie. Il en était persuadé, c'est même ce qu'il aurait dû faire au lieu de suivre le tueur faire ses courses.
Durant son absence, le jeune journaliste intrépide aurait mieux fait de (tenter de) s'introduire dans le vidéoclub pour (trouver et) libérer les jeunes femmes plutôt que de continuer de ressasser ses regrets.
Car la suite de l'histoire, Derek l'a connaissait, dans quelque temps, quand le tueur finirait par se faire coincer, il y aurait des reportages ou la famille, les proches et les gens qui le connaissaient iront chacun de leurs confidences.
"Enfant il aimait beaucoup joué dans le jardin, et à chaque fin d'après-midi on pouvait être sur qu'il ramenait un petit quelque chose à sa maman. Non, pas un bouquet de fleurs fraichement cueilli, mais des petits animaux blessés (morts)." Dira un membre éloigné de la famille.
"Parfois on entendait des bruits, comme des pleurnicheries de bébés, on pensait que c'était encore les chats du quartier qui se battaient, mais on n’aurait jamais pu imaginer ce qui se passé dans ce sous-sol!" rétorqueraient les voisins les plus proches.
Et le pire dans ce scénario macabre qui se déroulait dans l'esprit de notre journaliste, c'est que ce serait lui qui viendrait une nouvelle fois recueillir ces témoignages avec l'horrible sentiment de ne pas avoir fait tout ce qu'il avait pu pour éviter ça.



En passant devant la maison de Doug, Derek eu la mauvaise surprise de découvrir les officiers de police en train de partageaient des bières autour d'un barbecue dans le jardin avec le tueur.
Ce dernier portait un tablier et s'afférer devant les braises pour retourner les différentes pièces de viande quand il aperçut au-delà de la clôture grillagée, le jeune homme dans sa voiture de l'autre coté de la rue.
Il lui fit un grand sourire avec un signe de la main comme si tout était normal. Et quelques pars, tout ceci l'était bel et bien aux yeux des autres (du monde entier), excepté pour lui.
D'abord il se dit sardoniquement que c'était une bien étrange façon de mener un interrogatoire ou une enquête de voisinage de la part de policiers, avant de se rappeler que ce cher Doug avait pour s'attirer leurs bonnes grâces, l'habitude d'offrir des boites de donuts, ce qui lui avait valu de se faire surnommer "dougnut" par ces derniers.
La paranoïa du jeune web-journaliste, l'amena à la sordide conclusion, que ce barbecue était là, et de loin, la méthode la plus abjecte pour faire disparaitre un cadavre.

Furieux et animé d'une frustration telle que ses petites lunettes rondes se retrouvaient embuées, Derek le lanceur d'alerte avait le visage rouge de colère. Il se retint de donner un coup de poing dans le mur. Non, pas que l'envie lui manquait, mais ce dernier savait surtout qu'il se ferait plus mal à lui même que de dégât à la cloison. À ce titre-là, autant se frapper le visage tout seul directement. Le web-journaliste se tenait devant son imposant tableau d'enquête qui s'étendait quasiment sur l'intégralité de la largeur du mur de son salon. En faisant les cent pas dans son appartement, il se cogna le pied sur la table basse ce qui fit tomber les films qu'il avait empruntés au tueur. Derek fulminait encore plus contre la police que sur le tueur ou le meuble dans lequel il venait juste de se heurter. Il ramassa les jaquettes de films et se rappela qu'il ne les avait même pas tous regarder, il avait oublié de jeter un oeil à la cassette vidéo, celles que Doug avait justement remonté de la cave.
Étrangement, l'étui et la cassette qu'elle contenait ne correspondaient pas. Sur la pochette, il était normalement question du film italien "Frayeurs" de Lucio Fulchi, mais à l'intérieur se trouvait une cassette enregistrée avec une étiquette comportant l'inscription manuscrite faite au marqueur rouge "Jenna #6".



Derek se précipita pour sortir acheter un magnétoscope dans un magasin d'achat et vente de produits d'occasion, ce qu'il faut l'avouer n'était pas une mince affaire à trouver en 2026. Il prit également un câble adaptateur, car l'appareil d'une technologie révolu ne correspondait plus aux écrans d'aujourd'hui. La dernière fois qu'il avait vu une prise péritel, il était certainement en âge de porter des couches.
De retour à son appartement et une fois les branchements effectués, il inséra la cassette dans le magnétoscope.
Et ce qu'il découvrit c'était l'horreur (dans sa plus pure expression) sur pellicule, ce que l'ont deviné d'un corps de jeune femme blonde allongée sur une grande bâche blanche et dont la chevelure changea rapidement de texture et de teinture pour une matière visqueuse brunâtre, s'en suit après des démembrements aux bruits d'agonies gutturales et déversement de fluides corporels indistincts avec en grande séquence finale une giclée de sang sur l'écran. Ensuite, l'image bascula dans l'obscurité totale et le reste de la séquence n'était qu'une séance ASMR pour tueurs en série et autres sociopathes/psychopathes en tout genre. Derek fut pris de nausée, à la vue de cette vidéo, il ne savait pas s'il allait vomir ou avoir la diarrhée en premier, ou bien les deux simultanément.
Maintenant il en était sûr, il détenait là un élément accablant de ce qu'il dénonçait, mais peut être pas encore suffisant. Car il avait bien conscience que la police n'allait pas bouger le petit doigt, à la limite peut- être la fourchette pour engloutir les preuves. Alors, un dilemme moral s'imposa à lui, fallait-il garder tout ça pour lui et continuer seul ou en faire une vidéo maintenant ? Derek le savait, il jouait sa crédibilité en ligne, il devait aller jusqu'au bout avant de publier quoi que ce soit en ligne. Au risque qu'il y ait de nouvelles morts (le bilan humain s'aggrave/bodycount augmente), que les cadavres s'accumulent, il devait obtenir une preuve incontestable. Pour cela, il lui fallait trouver où Doug enterrait les restes de ses victimes.



Le jeune homme était donc retourné en planque devant la maison du tueur pour le reprendre sa filature. Le barbecue ne fumait plus et les policiers étaient partis, il faut dire qu'ils avaient fort à faire ce soir, car c'était la nuit d'Halloween.
Dès que l'obscurité avait commencé à tomber, les enfants déguisés avaient commencé à faire du porte-à-porte pour demander des bonbons et friandises. Par chance, il y avait du monde dans la rue, ce qui était plutôt pratique pour passer inaperçu, ça et le fait de pouvoir se costumer. Bien sûr, Derek avait prévu le sien. Considérant une nouvelle fois le risque qu'impliquerait de s'exposer directement au tueur, Derek opta pour un déguisement qui lui conférait une discrétion maximale, celui d'un fantôme, littéralement.
Un drap blanc avec deux trous pour les yeux. Une burqa en négatif si on peut dire. Sous ce premier costume, il avait enfilé en dessous un autre déguisement afin de pouvoir se désilhouetter au cas où sa filature serait détectée. Il était clairement influencé par ses souvenirs des scènes de fin dans les épisodes de Scooby-Doo où le tueur est révélé en se faisant retirer son masque.
Contrairement à Derek le journaliste, Doug le tueur, lui, décida d'assumer pleinement l'horreur du monstre à l'intérieur de lui et c'était certainement le seul jour de l'année où il pouvait se laisser aller à montrer sa vraie nature sans peur des jugements d'autrui.
Et puis il devait se débarrasser des restes et de certaines preuves qui commençaient sérieusement à l'encombrer dans son sous-sol. Le désinconvénient principal d'avoir établi dans son garage un vidéo club, c'est justement de ne plus avoir de place pour garer son véhicule. C'est pour cela que le vieux pick-up rouge de Doug était stationné dans la rue, sauf qu'avec la parade et les célébrations du jour, il allait devoir traverser avec ses sacs-poubelle dégoulinants et plein de cadavres. Notre tueur en série le savait, son déguisement de boucher serait la justification parfaite à cette mise en scène macabre.



Doug avait entassé sur un petit chariot qu'il trainait derrière lui, ce qui était sans aucun doute possible, à en croire cinq silhouettes, des cadavres emballés dans des sacs-poubelle noirs.
Affublé d'un tablier blanc maculé de tache de sang, d'un masque de tête cochon, il vociférait en brandissant une tronçonneuse sans chaines dans la foule de vampire, sorcière, zombie et fantôme. La mise en scène était tellement grossière que personne ne se posait de questions et Derek le journaliste entre dépit et sidération ne pouvait que se résoudre à rester spectateur depuis le siège de sa voiture. Il savait qu'à ce stade, il ne pouvait alerter la foule au risque d'occasionner un mouvement de panique ou de passer pour un fou. La seule chose à faire c'était de continuer à suivre discrètement le tueur jusqu'à l'endroit où il faisait disparaitre les cadavres et les preuves de ses crimes. Et les nombreux stratagèmes de sécurité et autres contre mesures de surveillance (franchissement de feu rouge, accélération puis ralentissement soudain, etc...) déployer par le tueur laissaient supposer à ce qu'il le conduise à ce lieu secret.



Ils avaient quitté la route goudronnée pour les sentiers d'une zone boisée menant en pleine forêt. Derek avait éteint ses phares depuis un moment déjà, ce qui ne lui avait pas facilité la filature, d'autant plus en s'enfonçant dans cette forêt par une nuit noire et pluvieuse. Sur son passage, le pick-up rouge de Doug éclaboussait une vague de boue et de pluie. Fort heureusement pour le journaliste, il n'avait qu'à garder ses roues dans les sillons que laissait le véhicule du tueur derrière lui.
Quand il sentit que le véhicule qu'il poursuivait commença à ralentir, Derek laissa plus de distance, il ne voulait surtout pas se faire repérer.
Au loin, le journaliste voit le pick-up rouge s'arrêter et décide de faire de même sur un accotement discret. Tandis que le tueur décharge les silhouettes emballées de l'arrière de son véhicule, en laissant le moteur tourné et les pleins phares allumés dans la direction de l'endroit où il va les déposer, Derek en profita pour se rapprocher sans que le bruit de ses pas ne s'entende.
Une fois installé (à une distance aussi raisonnable que sécurisante) pour observer le tueur, il vit ce dernier retirer une plaque en métal ou en bois (difficile à dire de la où il était posté) et balancer dans un trou, qu'il avait certainement préalablement creusé, les cadavres de ses victimes.
Et soudain, alors que le tueur déguisé reboucher le trou avec le monticule de terre, le téléphone du journaliste se mit à sonner doucement.
Sans trop savoir pour quoi et au plus mauvais moment possible, son smartphone lui signalait qu'il n'avait bientôt plus de batterie. Un oiseau apeuré s'envola en secouant des branches autour de lui.
Derek fut alors pris d'un frisson qui partit de ses pieds et remontait sa colonne vertébrale jusqu'à l'extrémité des poils de sa moustache.
À ce moment précis, il se savait fichu, il pouvait sentir le regard du tueur posé sur lui et sa grosse main l'attraper pour le jeter dans le trou, mais rien de tout ça ne se produisit.
Non, il vit le pickup s'éloigner, Doug le tueur en série était parti.

Après un long moment à attendre dans les buissons, avec le souffle court et les battements de son cœur qui s'emballaient.
Derek sortit de sa cachette quand le calme et l'obscurité furent complètement revenus et que les petits bruits de la nature reprirent.
Il n'eut pas de mal à retrouver l'endroit où la terre avait été retournée, elle était encore meublée, il n'avait plus qu'à se mettre à creuser. Persuadé qu'il allait trouver ce qu'il cherchait, il se mit à creuser frénétiquement sous la pluie battante, comme un pirate ivre à la recherche de son trésor enfoui. Et plus il creusait pour déterrer l'horreur, plus il s'y enfonçait, en réalité. Derek s'enlisait, de plus en plus profondément jusqu'à s'épuiser quand du bout de sa pelle il sentit quelque chose qui résistait, l'outil s'était peut être planté dans la cage thoracique d'une des victimes.
Appâté par le sensationnel et le spectaculaire, il sortit son téléphone de sa poche pour filmer la scène avec les quelques pourcentages de batterie qu'il lui restait. Quand d'un seul coup, le tonnerre gronda, la foudre était tombée tout pré et l'éclair avait ébloui la tombe avant que tout ne retombe dans l'obscurité.



Quelques jours plus tard, un promeneur au hasard d'une ballade avec son chien trouverait la main raide et blême (pale, livide) de Derek qui dépasserait du sol en tenant toujours son téléphone.
Ensevelit avec les cadavres des jeunes filles et une pelle qu'il tenait dans l'autre main, il n'en faudrait pas plus à la police pour en venir à la conclusion que Derek était le coupable. Pour eux, le tueur, c'était lui.
L'enquête établirait qu'il s'était retrouvé coincé dans le trou qu'il avait lui-même creusé pour y enterrer ses victimes. La perquisition menée dans son appartement amènerait à la découverte du tableau sur lequel étaient accrochées les photos des jeunes femmes blondes et les coupures de presses qui relataient les disparitions reliées par de la ficelle rouge. Mais quand les enquêteurs trouveraient la cassette vidéo qui contenait l'atroce crime d'une des jeunes femmes, le tableau d'enquêtes prendrait soudainement l'apparence d'un mur de trophées. Et à nouveau un jeune homme passionné d'enquête et de crime comme Derek, en ferait le sujet d'une vidéo sur internet.

Derek, le jeune web-journaliste intrépide, avait été piégé par Doug, le tueur en série. Dés le départ il l'avait choisi pour lui faire endosser sa culpabilité, il lui en avait même confié des preuves que seul le meurtrier pouvait avoir en sa possession : la cassette vidéo.

Tel un fil rouge accroché au tableau d'enquête, ou à la manière d'une ligne de pêche sur laquelle il aurait accroché un appât au bout, il s'en était servi pour le relier à chaque preuve et l'attirer ainsi jusqu'au trou, sa tombe (avant de l'y enterrer vivant).